Extrait d'un journal intime :
22 Novembre -
Je ne sais plus quoi faire pour me débarrasser de la douleur constante qui me brûle le coeur. Je me suis, semble t-il, engagé sur l'une des voix les plus compliquées que puisse suivre un homme à la recherche de l'amour. Rien ne se passe comme je le voudrais, et la vie elle-même ne semble pas être de mon côté.
Voilà! Je m'appelle Maxime, et l'histoire que je vais compter est la mienne, ou peut-être devrais-je dire "la nôtre" puisqu'il est question d'elle et moi, même si j'aurais voulu pouvoir dire "nous".
Je l'ai rencontré alors que j'étais un peu plus jeune que je ne le suis maintenant. Je me souviens de la première fois où je l'ai vue. Elle sortait d'un cours, seule et sans amis, petite nouvelle de la cours de récré. C'était normal, après tout, on n'en était qu'au premier jour de la rentrée! Les nouveaux traînent toujours seuls le premier jour, mais rarement le deuxième jour. Ce fut le cas pour elle. Au deuxième jour, elle avait été intégrée à un groupe d'amis: le mien. Je ne saurais dire qui était allé à sa rencontre... Peut-être était-ce Danny, avec sa facheuse habitude de foncer dans le tas tête baissée sans se soucier de la peur du ridicule, ou même Hélène, qui ne pouvait résister à la tentation d'agrandir toujours plus le cercle de ses connaissances.
En tout cas, je me suis vite retrouvé à parler à cette petite nouvelle. Elle s'appelle Sarah. Fille de fonctionnaire, elle avait un caractère plutôt réservé au début, mais j'ai vite fait de la mettre à l'aise. Ce n'est pas quelque chose que je réussi à faire avec tout le monde, mais la communication passait étrangement bien entre nous. Elle me comprenait, et je la comprenait. On s'entendait si bien qu'au troisième jour, on en savait chacun tout un rayon sur la vie de l'autre. Je connaissait le plus banal de ses secret, et elle connaissait tous les miens. Seulement trois jours qu'elle était dans cette école, et j'avais l'impression qu'elle me connaissait déjà mieux que quiconque.
Notre amitié ne cessa de se renforcer avec le temps, à tel point que la ligne qui séparait l'amitié et l'amour dans mon coeur explosa avec autant de force que si l'on avait envoyé un boulet de canon au travers d'une vitre. Elle devint vite très importante pour moi, mais je n'osais rien dire pour deux raisons:
La première était que même si je sentais que j'étais son meilleur ami, elle ne semblait pas éprouver pour moi rien de plus que de l'amitié.
La deuxième, découlant de ce pouvoir d'empathie qui me permettait de sentir qu'elle ne me voyait que comme un ami, était justement que je sentais que si je lui disais que je l'aimais, je risquais de briser quelques chose entre nous.
Alors je l'ai aimé. Je l'ai aimé en silence, mais avec passion et fougue. Je l'ai aimé comme personne ne pourra jamais l'aimer, avec plus de force qu'un buldozer, plus de puissance qu'une bombe nucléaire, dont j'étais condamné à ressentir les effets des retombées radioactives pour les années à venir.
Puis alors vint le jour où elle me parla de Christian. "Chris, disait-elle, est le garçon le plus adorable que j'ai jamais rencontré." Je n'osais évidemment pas lui demander si elle ne me considérait pas comme adorable. Sa réponse, je l'entendait déjà: "C'est pas pareil! Nous, on est amis!"
C'était la première fois qu'elle me parlais d'un autre garçon en ces termes, et ça me faisait aussi mal que si elle m'avait planté en plein coeur une lame froide et éffilée, sans que la mort ne daigne venir me chercher.
Alors j'ai dû supporter. Que pouvais-je faire d'autre. D'ailleurs, en réalité, je l'ai même poussée à lui parler, à lui avouer ses sentiments. Peut-être son sourire était-il si beau que je voulais la voir toujours avec le même, ou peut-être était-ce une façon pour un recoin tordu de mon esprit de vivre cet amour que je ressentais par procuration, m'imaginant embrassant ses lèvres à travers celles de ce Christian qui lui plaisait tant.
Elle a quand même fini par sortir avec lui. En désespoir de cause, et souffrant le martyre, j'ai décidé d'essayer moi aussi de sortir avec quelqu'un pour tenter tant que possible de tuer ce sentiment meurtrier. J'ai mis au point une sorte de technique qui consistait en une chose simple: Ignorer tout sentiment d'amour.
C'était comme si j'avais fermé le robinet qui alimentait mon coeur en amour, comme si j'avais placé devant mes yeux et mon âme un voile qui ne laissait rien filtrer, mais que je pouvais quand même enlenver tous les soirs, lorsque les sentiments débordaient de partout à cause de la fatigue? Car oui, lorque je suis fatigué, il m'est impossible de faire tenir cette technique très longtemps.
Je suis sorti avec Déborah, puis Alicia, et quand ce fut fini entre nous, Elodie me demanda de la remplacer. De son côté, Sarah aussi sortit avec plusieurs garçons. Nous étions jeunes, alors nous en profitions. Du moins est-ce l'impression que j'ai voulu donner! Car Sarah restait dans mon coeur.
Mais nous nous éloignions sans cesse. C'était inévitable. Dans une relation amoureuse, votre conjoint demande toujours 100% de votre présence, quel que soit votre âge, et les nôtres ne faisaient pas exception à cette règle.
Puis un jour, elle m'annonça qu'elle devait partir pour une autre destination. Ses parents devaient déménager, et elle était contrainte de les suivre. A ce moment précis, alors que les derniers mots franchissaient ses lèvres, je fut vivement tenté de lui avouer mes sentiments qui avaient soudain jaillit de leur tombe que j'avais moi-même creusée. Mais j'en fut incapable. Ce désir de garder notre amitié intacte que j'avais affectionné depuis si longtemps était maintenant trop ancré dans ma peau, avait pénétré trop profondément dans ma chair, imprégnant au passage chacune de mes cellules.
Et elle partit...
Sans que j'ai pu prononcer un seul mot, elle s'en est allée.
Ma vie entra alors dans une monotonie accablante. Un ennuie mortel s'installa dans mon coeur, et remplaça dans ma chair et mes cellules ce désir si longtemps enfoui. Plus rien ne vint briser la monotonie de ma petite existence pendant presque trois ans. J'eut des histoires d'amour, si je puis dire, ici et là, mais rien n'égala ni ne surpassa ce que j'avais ressentit pour Sarah. Mes quatrième et Cinquième petites amies me trompèrent avec un autre (que je dut rembarrer plus par fierté que par réelle colère), mais je n'en ressentit aucune douleur, ce qui me surprit moi-même. J'eut peur d'être devenu un monstre sans coeur, incapable d'aimer. Mais cette peur était toujours moins forte que l'ennui. Puis il se passa quelque chose qui me redonna vie: Je reçut une lettre.
Sarah m'écrivait de son lointain chez elle pour me dire qu'elle allait revenir dans le quartier. Mon ennui fut aussitôt brisé par la lecture de cette simple lettre. Il disparut aussi facilement que si l'on avait soufflé sur une nappe de poussière. Son retour, prévu pour bientôt, m'emplissait de joie.
Je couru aussitôt dans les magasins et je vidais mon compte en banque dans l'achat de vêtements divers, changeant totalement de style en espérant que cela lui plairait.
Et ce fut le cas. Lorsque nous nous revîmes, elle dit qu'elle me trouvait grandit et encore plus beau qu'avant. Elle se permit même de me flanquer une petite tape sur les fesses. Mais je ne le lui rendit pas. Elle aussi avait changé, et j'étais trop intimidé pour oser toucher cette partie de son corps. Elle était devenue une femme, mais une chose était restée la même chez elle: Ces yeux qui semblaient toujours plonger au plus profond de mon âme sans jamais le faire vraiment étaient toujours là.
Le premier jour de son retour, nous parlâmes beaucoups de nos aventures pendant ces trois années loins l'un de l'autre. Au deuxième jour, tout comme la première fois que nous nous étions rencontrés, je connaissais les moindres détails de sa nouvelle vie, et elle savait tout ce que j'avais fait pendant ces trois années. Le troisième jour, je lui dévoilai la partie la plus secrète de mon coeur, celle que je cachais dans l'ombre depuis des années: Je lui dit que je l'aimais. J'espèrais de tout mon coeur et de tout mon être qu'elle me répondrait "moi aussi", mais elle ne le fit pas. Ce qu'elle fit à la place.... fut au delà de toute mes espérances:
Elle m'embrassa.
Puis elle m'insulta! Elle me dit qu'elle avait espéré ces mots depuis la première fois où elle m'avait parlé de ce Christian pour tenter de me rendre jaloux. Elle me donna des coups sur la poitrine qui ne me firent même pas mal pour me punir, et elle m'embrassa à nouveau...
Voilà. Je m'appelle Maxime, et ceci est mon histoire, digne de n'importe quel roman à l'eau de rose qu'affectionnent tant les personnes avisées et expérimentées en soif d''histoires romanesques. Je suis Maxime, un personnage fictif, tout comme l'est l'histoire que vous venez de lire. J'aurais voulu être réel et m'appeler Ralph, et que cette histoire me soit vraiment arrivée. Mais ce n'est pas le cas. Je ne suis que Maxime, un personnage imaginaire, né de l'esprit de rêveur...
Texte by: Ralph (moi-même ^^)
Oo ~ Dites aux racistes de rajouter des couleurs à leur vie! Après tout, Arlequin est plus amusant que Hitler... ~ oO